Entreprise 2.0

L’entreprise 3.0 : quand entreprise et web divergent pour mieux se comprendre

Entreprise 3.0 : la fin de l'ère du classement ?

Les quelques prévisions que j’ai lues sur le web 3.0 et les entreprises 3.0 ne sont pas vraiment convaincantes, s’agissant la plupart du temps de ce qu’on pourrait appeler le web ou les entreprises 2.1, c’est-à-dire une simple prolongation des éléments 2.0 introduits il y a quelques années.

Pourtant un billet publié sur Entreprise20.fr a retenu mon attention la semaine dernière.

Laurent Assouad y présente « L’entreprise 1.0, 2.0 et 3.0 en un schéma » en comparant les différentes manières d’aborder la gestion de connaissances (knowledge management) et des documents.

Pour lui, à chaque étape, l’entreprise a modifié sa manière d’accéder à l’information :

  • Entreprise 1.0 : le document n’existe que par sa place dans l’arborescence du système informatique
  • Entreprise 2.0 : le document existe indépendamment de son emplacement et de sa classification
  • Entreprise 3.0 : le document n’est plus une destination mais alimente le moteur sémantique (moteur de recherche basé sur les mots)

je trouve l’idée intéressante, séduisante même si je la trouve un peu irréaliste dans son application et peut-être un peu utopique… je m’explique !

L’approche sémantique, oui mais…

Le danger de cette évolution est à mon avis de nous amener vers des systèmes qui soient complètement déstructurés par leur approche sémantique (approche sémantique = on accède à l’information par mots clefs, recherches).

Je pense qu’on ne peut pas envisager une approche sémantique sans mener une vraie politique de structuration des processus et de standardisation des outils.

  • La structuration des processus : pour être plus clair, c’est indiquer précisément à quel moment il faut rentrer de l’information au cours de la vie d’un projet (spécifications, conceptions, études, capitalisation…)
  • La standardisation des outils : si on veut que l’analyse sémantique soit au coeur de l’information de l’entreprise, il faut que tout le monde utilise les mêmes outils (qui forceront la structuration), d’où l’importance de leur bon choix.

L’entreprise n’est pas le web…

Sur le web, un site ou une information deviennent pertinents lorsqu’ils remontent dans la première page de résultats de Google, ils doivent être:

  • fréquentés
  • mis à jour régulièrement
  • référencés (au sens des « back-links », c’est-à-dire liés)
  • et également… optimisés du point de vue de la sémantique (SEO et compagnie, vous connaissez non ?)

Le web c’est le monde de la concurrence de l’information ; et rien ne nous assure que l’information qui remonte soit la plus pertinente sur le réseau…

Or en entreprise, c’est l’information la plus fiable et la plus utile qui doit remonter en premier d’une recherche ! Et c’est là la difficulté…

La vraie question qu’il faut se poser pour espérer voir se réaliser le modèle « 3.0″ dans les entreprises est la remontée de l’information fiable.

Fiabiliser l’information

Quelques pistes, qui seront développées dans de prochains billets, pour fiabiliser l’information en entreprise :

  • Former les collaborateurs au référencement de l’information (et leur démontrer que, non, l’information ne se classe pas d’elle-même !!)
  • Former les collaborateurs à la recherche sémantique
  • Utiliser les mots-clefs, (une application capable de suggérer des mots-clefs en fonction du contenu et des mots-clefs déjà existants)
  • Agréger l’information dans des structures imposées par les processus métier (je pense aux espaces collaboratifs de projets, transverses, d’outils, de méthodes, etc)
  • Créer des postes de « knowlegde referencers », en plus des « knowledge managers » dans chaque équipe, permettant de prendre en charge tout ou une partie de l’information traitée
  • traiter l’information déjà existante de la même façon (et là il y a du travail !)

Avez-vous d’autres pistes ? Partagez-vous mon analyse ?

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5 Commentaires

  1. Bonjour Thomas, bravo pour votre billet et merci pour l’attention que vous avez porté au mien. Je trouve que votre réflexion est la juste suite de mon schéma.
    Je crois que vous avez vu juste en parlant d’idéaliste et d’utopique à propos de mon schéma. Oui c’est vrai, je pousse toujours mes raisonnements à l’extrême, au bord de l’utopie.
    Je crois que l’avenir technologique nous réserve en effet des outils ultra puissants qui nous permettront de trouver une information viable même s’il n’y a plus aucune structure. Mais je crois également que nous n’allons pas pour autant supprimer les structures d’information.

    Quoiqu’il en soit, je suis entièrement d’accord avec votre conclusion : l’important c’est la structuration des process et la standardisation des outils.

    Je lirai avec attention vos prochains billets.

  2. Claude dit :

    Bonjour,
    Merci de votre précision quant au besoin de confiance existant dans l’entreprise par rapport aux contenus utilisés. Ceci est essentiel car il remet au centre du débat, l’utilisation des contenus à des fins économiques et non plus uniquement sociales!
    Il faut également mettre tout ceci en perspective avec la croissance énorme des contenus (en nombre et en volume) crées, reçus, conservés et utilisés par l’entreprise et ceci impose un impératif d’évaluation de ces contenus.
    Par ailleurs, les contraintes de conformité quant à la conservation de certains contenus et leur protection (sécurité et contrôle d’accès) sont de plus en plus nombreuses (e-discovery, etc.).
    Aujourd’hui, les entreprises constatent que l’approche en silo est probalement insatisfaisante, mais elle craignent également que le référentiel global et la search soit irréaliste au vu des volumes (exprimés demain en zettabytes, voir en yottabytes).

  3. [...] L’entreprise 3.0 : quand entreprise et web divergent pour mieux se comprendre tweeté par @Lockall, @marilor, @faurethomas, @denishirst et [...]

  4. [...] avoir réfléchi, dans mon précédent billet, à la différence entre entreprise 3.0 et web 3.0  et démontré qu’en entreprise [...]

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